Le mepris

Écrire comme respirer entre deux eaux, pour finalement se rassurer et lutter contre une nouvelle chute dans un puit sans fond. Des mots comme reflet d’un miroir qui ne pardonnait pas. Un miroir qui nous montrait un visage taillé au couteau et un corps stigmatisé. Un corps qu’il fallait panser, une raison qui  nécessitait d’être repenser pour échapper au souvenir d’Émilie.

- tu m’as fait tant de mal ! Il me faudra du temps, j’ai besoin de me retrouver - seule, de penser à moi ! [...] je ne te dois rien !

Elle était partie et  Nathan avait chuté pendant d’innombrables semaines en tentant d’accrocher chaque épine qui bordait le puit. Cette chute, cadencée au rythme accéléré des reuptakes de sérotonine, au rythme de transmissions synaptiques, se faisait ressentir au plus profond des tripes - Aïe. Il ressentait chacune de ses globules s’entrechoquer dans un relan de sentiments forcé. Il luttait alors contre certains démons qui lui sussuraient des mots, qu’une partie de sa raison souhaitait entendre. Ils n’étaient peut-être d’ailleurs que pure fantaisie.  Il affrontait la réalité en cherchant á rèsoudre une énigme trop complexe, parcequ’elle n’était pas sienne. Ainsi, Il était amené à faire des erreurs au nom de l’espoir pour évacuer une partie de souffrance. Il voulait rattraper le temps au motif de regrêts ou de remords. Il vivait à la limite de tout et surtout du Soi.  Il espérait entendre des mots qui mettraient fin aux mêmes tortures que celles qu’infligeait le Dr Cameron. Il attendait un simple pardon en lieu et place d’accusations.

Nathan comprenait enfin le chemin parcouru en se souvenant des mitaines de velours de Verlaine. Puis, il décidait de revêtir son armure pour repartir en quête de Bastet. Il deviendrait phénicien jusqu’à devenir père et son enfant serait son Graal.